Thrillers

Nora a réussi à reconstruire sa vie après une adolescence houleuse. Maintenant écrivain approchant la trentaine, elle vit dans un petit appartement, solitaire et sans histoires. Un jour elle reçoit une invitation insistante de la part d’une ancienne amie d’enfance qu’elle n’a pas vu depuis dix ans, Clare Cavendish. Clare l’invite à son enterrement de vie de jeune fille, qui aura lieu au beau milieu de nulle part chez Flo, une amie de fac. Nora n’a pas envie de rouvrir de vielles blessures en revoyant Clare, mais par curiosité et avec l’assurance de partir avec une amie commune en qui elle a confiance, elle accepte. Elle ne tarde pas à le regretter quand elle découvre exactement pourquoi elle a été invitée, et plusieurs éléments étranges la mettent mal à l’aise : un fusil accroché au-dessus de la cheminée, des traces de pas dans la neige, la ligne du fixe qui ne fonctionne plus, son téléphone qui disparaît. A mesure que Flo devient de plus en plus hystérique, Nora comprend qu’elle s’est engouffrée dans quelque chose de très dangereux…

All the Missing Girls

Alors que Nic revient dans la petite ville où elle a passé toute sa jeunesse pour régler des affaires de famille, l’une de ses connaissances disparaît. Ce drame la replonge ans en arrière, à l’époque où sa meilleure amie Corinne s’était elle aussi volatilisée. 

All the Missing Girls est une histoire de règlement de comptes, raconté par une héroïne qui ne nous ment pas, mais qui ne nous dis pas non plus toute la vérité. Le procédé de narration adopté est très curieux, et peu rebuter : l’histoire est racontée à l’envers. Après une introduction linéaire, on commence littéralement par la fin, c’est-à-dire par le jour où l’héroïne a compris pas mal de choses sur l’affaire et où c’est sur le point de lui exploser à la figure. Ensuite chaque chapitre remonte à un jour en arrière jusqu’au premier jour. Ça a du être un sacré challenge d’écrire comme ça pour l’auteur, mais j’ai trouvé ça plutôt réussi. Au début ce n’est pas forcément évident comme notre cerveau n’est pas du tout habitué à lire de cette manière (au début il faut se forcer à se rappeler que chaque chapitre est le « hier » du précédent et le « demain » du suivant…déjà confus ?), mais on s’y fait. L’effet principal de ce procédé était à mon avis de nous aliéner de l’héroïne, qui est au cours des premiers chapitres dans un état lamentable (elle ne mange plus, est extrêmement angoissée, etc.) sans qu’on comprenne bien pourquoi. Elle fait références à des indices qui sont encore complètement obscures pour nous (l’effroi de son père qui a vu « cette fille », un anneau qui a disparu, un ancien petit-ami qui quitte son appartement sans rien dire, etc.) et qui ne prennent du sens que vers la fin. 

Et si le livre commence par la dispartion d’Annaleise, le coeur de l’intrigue est celle de Corinne. Corinne était la meilleure amie de Nic et la « reine des abeilles » de son groupe, constitué principalement de trois filles et trois garçons : Tyler, Jason, Bailey, Nic et Corinne. Dans cette petite ville sans histoires ils étaient considérés comme la jeunesse délinquante du coin, même s’ils ne faisaient de mal à personne. Le point fort du livre est d’arriver à rendre Corinne, qui correspond à la garce qu’on a tous plus ou moins connu (ou été…) au lycée, celle qui pique les copains des autres, qui pousse ses amis à relever des défis idiots, 

The Girl on the Train

Tous les matins et tous les soirs, Rachel passe devant son ancienne maison, vestige de l’échec de son couple, et devant celle d’un autre couple qu’elle appelle « Jason et Jess » et dont elle aime bien idéaliser la vie. Un jour pourtant elle est témoin d’une scène qui la perturbe beaucoup, et le jour suivant, elle se réveille les mains ensanglantées avec une sale blessure à la tête et aucune mémoire de ce qu’il s’est passé, un oubli qu’elle attribue à son alcoolisme. Mais elle apprend que « Jess » a disparu la même nuit où elle a eu cet accident, et décide coûte que coûte de mettre son nez dans l’enquête, même ni personne ne veut la croire.

L’intrigue est racontée par le biais de trois points de vue différents : celui de Rachel, qui est ce qui se rapproche le plus d’une héroïne (même si on peut vraiment parler d’anti-héroïne), celui de Megan (a.k.a Jess) et de temps en temps celui d’Anna (mais beaucoup moins prévalent que les deux autres). Rachel et Anna raconte ce qui leur arrive en partant un peu avant la disparition de Megan, alors que la narration de Megan nous renvoie un an avant les évènements. C’est un très bon procédé pour un polar/thriller, et j’ai trouvé que ça allait bien avec l’image du train (les vies des héroïnes se croisent d’abord sans vraiment se toucher, jusqu’à ce que la collusion devienne inévitable). Enfin, dans la veine de The Flop House mais en Français j’ai découvert Deux Heures de Perdues, un podcast cinéma souvent hilarant qui m’a donné envie de découvrir quelques classiques.

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